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CAMPAGNE HARCELEMENT SEXUEL REGION IDF RATP SNCF - inumaginfo.com
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Polémique: des animaux en prédateurs sexuels dans les transports

Publié le 09/03/2018

Une campagne contre le harcèlement sexuel en dit long sur la nature humaine.

Ne soyez pas étonnées, Mesdames, si un ours, un loup ou un requin vous attaquent lorsque vous prenez les transports en commun. Il est coutume de voir ces espèces chasser leurs proies dans les couloirs de métro ou dans les rames de trains.
Mais pas d’inquiétude, l’Homo sapiens "bienveillant" vous protégera de ces prédateurs sexuels grâce à son numéro unique,
le 31 17. Voici, le message envoyé avec cette nouvelle campagne d’affichage par les réseaux de transports d’Île-de-France
et la Région.



Une "com" qui se voulait choc contre le harcèlement sexuel, elle se révèle absurde.
Point de jugement sans un solide argumentaire, prenons le temps de décrypter ces affiches :

Des loups encerclent une femme qui se maintient à une barre dans la forêt.
Un ours rugissant se dresse dans sa tanière derrière une femme accrochée toujours à cette barre reconnaissable.
Un requin aux dents acérées s’approche dangereusement de sa victime cramponnée à cette même barre au milieu de l’océan.

Alors, pour éviter toute confusion, précisons que ce tube en acier n’est pas la barre de pole dance de ces chers animaux !

D’ailleurs, que fait elle en pleine forêt, dans une caverne ou bien sur un massif sous-marin ? Après une très longue enquête, aussi longue que la réflexion de ceux qui ont élaboré ces affiches, nous avons levé le mystère de cette grande tige de fer : elle représente la barre que vous retrouvez dans les Métro, Bus, RER, TER et Tramway.

Et pour ces génies de la communication, il est rationnel de trouver cet objet dans le milieu naturel des animaux représentés. Poursuivons la logique de ces illustrations, la femme circule dans le territoire du prédateur et non plus au sein des réseaux de transport d'Île-de-France . Serait-ce un message subliminal envoyé par la RATP et la SNCF pour signaler à leurs usagers un défaut de sécurité ? Chaque recoin de leur structure serait-elle hostile ?

Une nouvelle interrogation titille ma curiosité, est-il judicieux de symboliser les déviances du prédateur sexuel par des espèces animales menacées par l’Homme ?

L’association Ferus, protectrice du loup, ours et lynx s’indigne de cette campagne doublement irresponsable. Dans ce communiqué, il dénonce le risque de stimuler ces hommes gouvernés par leurs pulsions sexuelles Cette campagne de communication est d’autant plus ratée que les harceleurs bipèdes doivent trouver cela jouissif d’être comparés à des animaux aussi beaux et aussi puissants, dans des postures d’intimidation et de domination sans appel : c’est exactement ce qu’ils aiment faire et pointe des conséquences possibles sur la biodiversité … ces espèces ours, loups et requins sont maintenant en danger. Cette communication stupide ne fera qu’aggraver la situation…

Communiqué Association FERUS et lettre d'Yves Paccalet

Il est sagesse d’accepter cette réalité que l’espèce humaine chasse, à notre époque, pour le plaisir de s’exposer près de ses trophées ou bien de faire porter les maux d’une société ou d’une confédération à un seul animal sauvage. C’est ainsi que le loup, exterminé en France, au début du 20ème siècle, est désormais sous le statut de protection de la convention Berne. L’ours brun, dont la population est en danger, est protégée par la directive Habitat de 1992. Le requin bouledogue, lui dépend de la convention de Bonn depuis novembre 2014.
Des données que semble avoir oubliées l’Homo sapiens, Valérie Pécresse. La présidente de la région Île-de-France, justifie cette campagne d’affichage et le recours aux animaux symboles dans cette vidéo diffusée sur le site change.org, à 10 min 53.



…on a mis des animaux pour représenter les prédateurs, des animaux qui font peur parce que ce ne sont pas des hommes, on n’est pas en train de stigmatiser les hommes, on est en train de stigmatiser les harceleurs, les harceleurs ne sont pas des êtres humains, ce sont des prédateurs.
Une déclaration qui en dit long sur la nature humaine. L’amalgame entre prédateurs et prédateurs sexuels. Car qu’en bien même, loup, ours, requin et Homo sapiens partageons le même statut de prédateur, du fait de tuer une proie pour se nourrir, seul l’être humain peut être qualifié de prédateur sexuel, pour le plaisir qu'il prend à faire du mal à ses victimes.

Alors définir un animal de pervers relève de l’ignorance du sens des mots ou de la manipulation à des fins politiques ?

Valérie Pecresse rappelle dans cette même vidéo son engagement de campagne - les régionales - pour lutter contre le harcèlement sexuel et ne manque pas de préciser sa prise de position bien avant les récents mouvements #metoo ou #maintenantonagit. Vous savez, cette libération de parole de ces femmes victimes de violences sexuelles.

Nul besoin pour elles de recourir à un imaginaire bestial, elles ont fait le choix, au péril de leurs carrières professionnelles, de désigner les hommes auteurs de leurs harcèlements. Avec un peu de recul, il est aisé de conclure que cette polémique aurait pu être évitée. Oser cibler la cause du harcèlement sexuel et non sa représentation est le choix fait par les Britanniques dans cette vidéo de prévention.

Campagne "Report it to Stop it" dans les transports en commun.


Un constat s’impose, cette fiction interpelle, non pas dans le fait de stigmatiser l’ensemble des hommes, mais dans le fait de montrer qu’il n’existe pas de profil type du prédateur sexuel ! La campagne de prévention française se révèle donc bien ridicule !

Edito de FLEG pour INUMAGINFO

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